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La dégradation de l’environnement, entrave à la paix au Soudan, prévient l’ONU

samedi 23 juin 2007

La dégradation de l’environnement, entrave à la paix au Soudan, prévient l’ONU
NAIROBI (AFP) - vendredi 22 juin 2007 - 16h56 - La dégradation « considérable » de l’environnement au Soudan, notamment l’épuisement des ressources naturelles et l’expansion du désert, fait craindre une aggravation des conflits ravageant déjà ce pays si aucune action n’est prise rapidement, prévient l’ONU.
« Il est peu probable que le Soudan connaisse une paix durable si la dégradation environnementale considérable, qui s’accélère rapidement, n’est pas enrayée au plus vite », souligne vendredi le Programme de l’ONU pour l’environnement (PNUE) dans un rapport intitulé « Evaluation environnementale post-conflit du Soudan ».
« Les problèmes environnementaux ont été et continuent d’être des causes de conflit » au Soudan, dont certaines régions sont très arides et où les problèmes liés à l’utilisation des terres agricoles et la concurrence pour les ressources (gaz, pétrole, bois, etc) attisent ou perpétuent les conflits.
Le sud du Soudan a été ravagé par une guerre civile (1983 à 2004) qui a fait 1,5 million de morts et 4 millions de déplacés.
Depuis février 2003, 200.000 personnes sont mortes au Darfour (ouest, en proie à une guerre civile) selon l’ONU et plus de 2,1 millions d’autres ont été déplacées, des chiffres contestés par Khartoum. Dans l’Est, une ex-rébellion (Front de l’Est) s’est battue jusqu’à octobre 2006 pour un meilleur contrôle des ressources notamment.
Les questions les plus préoccupantes sont « la dégradation des terres, la désertification et l’expansion du désert vers le sud », souligne ce rapport du PNUE, basé sur des travaux effectués entre janvier et août 2006.
Parmi les causes figure le surpâturage de sols fragiles par un cheptel dont les effectifs ont connu une augmentation spectaculaire, passant de 28,6 millions de têtes de bétail en 1961 à environ 135 millions en 2004.
Le Soudan traverse « une crise de déboisement », qui a entraîné la perte de près de 12% du couvert forestier en 15 ans. Le PNUE estime que le couvert forestier pourrait disparaître dans certaines régions dans les dix ans.
La diminution des précipitations est particulièrement évidente dans les états du Kordofan et du Darfour. Au Nord-Darfour, elles ont diminué « d’un tiers au cours des 80 dernières années », selon le rapport.
« Dans certaines régions au nord du Soudan, les déserts ont progressé en moyenne de 100 km au cours des 40 dernières années », s’alarme le PNUE.
L’ampleur des changements climatiques relevés au Nord-Darfour est « sans précédent » et ses impacts sont étroitement liés au conflit, la désertification ayant considérablement aggravé les pressions sur les moyens de subsistance traditionnels reposant sur l’agriculture et l’élevage.
Le PNUE relève que les effets sur l’agriculture « risquent d’être désastreux » dans certaines régions : « d’ici 2020, la perte de récolte au Darfour pourrait atteindre entre 5 et 20% ».
Selon le PNUE, il y a un risque de voir dans d’autres régions du Soudan une reprise des conflits historiques, ravivés en partie par le « déclin des services environnementaux ».
« La tragédie du Soudan (...) est une fenêtre sur le reste du monde qui met en évidence la manière dont des problèmes tels l’épuisement incontrôlé des ressources naturelles, comme les sols et les forêts, conjugués (...) aux changements climatiques peuvent déstabiliser des communautés, voire des nations entières », explique le chef du PNUE, Achim Steiner.
Pour « l’édification » d’une paix durable, le PNUE recommande un « investissement dans la gestion environnementale, financé par la communauté internationale et à partir des revenus assurés par l’essor naissant des exportations de pétrole et de gaz ».

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