PENSER « GÉOGRAPHIE » : ÊTRE GÉOGRAPHE ...

mercredi 28 septembre 2011

LA DÉMARCHE GÉOGRAPHIQUE

La Géographie peut être considérée comme un outil, une façon d’approcher les problèmes.
Il y a des problèmes à étudier, la géographie est un outil parmi d’autres pour les aborder. Elle est axée sur l’espace, avec toutes les implications que cela entraîne.

Aller voir le dessous des cartes « comprendre plutôt que savoir » dans la rubrique « La démarche géographique » de geo-phile.

Quelques mots-clefs, qui abritent des idées (pas toujours des concepts…), mais qui aident à « penser géographie » :

  • Espace : toujours se demander « pourquoi là et pas ailleurs » ?
  • Échelle (emboîtement d’échelles)
  • Ex : Les différentes analyses d’explication de l’onchocercose
  • Ex : Les problèmes de déficit alimentaire et d’aide alimentaire
  • Ex : L’accès à Internet en France Qu’apportent les différentes échelles ? Contradictions et complémentarité de ces approches.

Quelle est la bonne échelle d’analyse ? (article Hervouët : « Les bases du mythe du dépeuplement des vallées par l’onchocercose ». Cet article montre très bien que suivant l’échelle où on analyse le problème, les causes, les mécanismes soulignés et pris en compte sont différents).

Préférer les termes échelle locale, échelle régionale, échelle nationale, échelle internationale, continentale, mondiale… que petite moyenne ou grande échelle (1/10 plus grand que 1/1 000 000 et pourtant, on dira couramment « petite échelle » parce que c’est local.
« Échelle locale », au moins ne pose pas de problème d’interprétation.

  • Système : tout est en relation, en équilibre et en dynamique, qu’on change un élément du système et c’est tout le système qui change.
    —  Ex : parc à Faidherbia
  • Dynamique : rien n’est figé, toujours penser en terme de mouvement, d’évolution (pas forcément positif). Mais on n’a pas à faire de prédiction…
  • Typologie : faire des classifications, regrouper ce qui va ensemble. Nuancer : points communs / différences, éléments de différenciation.
  • Centre / périphérie : Le couple centre et périphérie est devenu une façon banale de penser la différenciation spatiale à toutes les échelles, de la ville au monde, avec des connotations économiques, politiques, culturelles. Le centre : c’est là où les choses se passent : cette définition s’applique à toutes les échelles. La périphérie se définit négativement par rapport au centre. En général, le « couple » est utilisé en géographie urbaine, mais on peut le « détourner » dans d’innombrables situations.
  • Paradoxe : Se demander toujours s’il y a un paradoxe quelque part. Cela aide à comprendre / mettre en valeur les problèmes et leurs mécanismes (ex : paradoxe du Japon qui est une des premières puissances économiques du monde et qui a un des environnements les moins favorables : montagnes, zone à séïsmes).
    C’est souvent utile pour une introduction, cela permet d’aller de l’avant.
    Cela peut servir aussi dans une conclusion, mais attention alors : n’êtes vous pas en train d’arriver à ce qui aurait du être votre point de départ ?
  • Site et situation : localiser par rapport à l’environnement (= site) et par rapport aux autres éléments de géographie humaine, aux transports : (= situation)
  • Enclavé / carrefour : deux positions clef qui permettent de mettre en valeur le rôle relatif par rapport aux échanges. Attention, un espace enclavé peut devenir carrefour (et vice-versa) suivant les moyens de communication, les objets échangés, les types de sociétés et d’organisation sociale.
  • Déterminisme : approche–piège de la géographie : faire dépendre tout des conditions naturelles. La famine en Éthiopie ? « la faute à la sécheresse » ! C’est tellement plus simple que de se poser des questions.
  • Inversion bon / mauvais pays : Il n’y a pas toujours ce phénomène, mais ne pas l’oublier si on le rencontre. Ce peut être un guide : voir si on n’a pas un phénomène d’inversion. Ex terres légères = bonnes terres tant qu’on n’a pas de moyen technique pour labourer les terres lourdes. Mais si ces moyens existent, alors, les terres légères deviennent des terres « peu fertiles » (on ne voit plus que cette particularité), et les terres lourdes des terres très fertiles (on ne voit plus que cette qualité…). Les critères changent en fonction des techniques dont on dispose, et dans ce cas, inversion monde méditerranéen / monde du nord de la Loire. Idem pour les bassins industriels : un vieux bassin industriel devient « en crise », parce que c’est plus difficile à moderniser que de construire ailleurs, (près des ports d’importation des matières premières et non plus sur les bassins de production des matières premières). D’autant plus « en crise » que l’ancienne prospérité a conduit à attirer de la population qui se retrouve sans emploi ; Là, inversion liée au vieillissement des infrastructures et au plus faible coût des produits importés (baisse du prix des transports, augmentation des quantités transportées par le développement du « vrac » et des containers)
  • Thème d’approche : ex « La transhumance » : on peut l’aborder de différentes façons ( modes de vie, mise en valeur, production, environnement, dynamique), voir l’exemple de plan, j’essaye d’utiliser au maximum les idées ci-dessus.

Pour avancer un peu plus loin, quelques articles excellents, de démarche géographique particulièrement efficace.

Un excellent article pour approcher les nuances de rapport entre hommes, nature et société : POLITIQUES D’HYDRAULIQUE PASTORALE ET GESTION DE L’ESPACE AU SAHEL (Brigitte THÉBAUD)
Si le lien ne marche pas : http://horizon.documentation.ird.fr/exl-doc/pleins_textes/pleins_textes_4/sci_hum/31583.pdf

Sur les rapports environnement / sociétés / densités de population : un article court et efficace : ENVIRONNEMENT ET DENSITÉS DE POPULATION : LE RECOURS A L’HISTOIRE (Luc CAMBRÉZY)

Ou encore, avec le très efficace exemple de l’eau, de sa gestion et du lien avec les densités de population : le compte rendu d’une conférence de François DURAND-DASTÈS : L’EAU ENTRE ABONDANCE ET RARETÉ : LE CAS DE L’ASIE DES HAUTES DENSITÉS.

Pour la prise en compte du passé dans l’analyse géographique, un très court (mais efficace) compte rendu d’un « café géographique » animé par François DURAND-DASTÈS : L’ESPACE, LE PASSÉ, LES MÉMOIRES.


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