92 députés UMP proposent l’université payante

mardi 17 mars 2009

92 députés UMP proposent l’université payante
13 mars 2009

Vers la fin de la « gratuité » des universités publiques ? C’est ce que sous-tend un proposition de loi déposée par 92 députés UMP en janvier sur le bureau de l’Assemblée Nationale.

Sous pretexte de favoriser l’octroi de prêts pour les étudiants, il s’agit en réalité de permettre une hausse brutale et de grande ampleur des droits d’inscriptions à l’université.

A première vue, le projet de loi consiste à permettre à l’Etat de garantir des prêts consenti par les banques aux étudiants. Ces derniers pourraient en obtenir pour des sommes importantes, et ne les rembourser qu’après avoir décroché un diplome et trouvé un emploi. Logique de la responsabilité, classique pour des libéraux. Et discours faux-cul : le système actuel ne favorise pas la démocratisation de l’enseignement supérieur. Pire, c’est sa gratuité (relative, rassurons les députés qui croient vivre dans un pays où faire des études ne coûte pas alors que près de la moitié des étudiants font des petits ou gros boulots) qui serait responsable de son élitisme social. Conclusion : pour démocratiser l’enseignement supérieur, il faut que les étudiant s’endettent massivement. Ceux qui y voient une relation avec le financement public des universités publiques sont-ils des gauchistes invertébrés ?

Le texte du projet de loi est ici.
Il est assez piquant de remarquer que l’argumentation du projet de loi est un copier coller d’une étude publiée par l’EDHEC, une école de commerce privée de Lille, ainsi présentée sur son site web :
La situation budgétaire de l’Etat et la conjoncture internationale semblent cependant peu propices à des augmentations sensibles de ces dépenses. Si les priorités et le calendrier sont maintenus, une modification du mode de financement de l’enseignement supérieur doit être étudiée pour augmenter les ressources.
Cette étude milite ouvertement pour un système universitaire payant, avec prêt à remboursement conditionnel, tout en rappelant que cette dernière idée a été formulée il y a 50 ans par Friedman. Décédé en 2006, Milton Friedman est l’ancien chef de file de l’Ecole dite de Chicago qui regroupe les économistes ultra-libéraux.

Lire la suite et les commentaires des internautes sur le site Libéblog « sciences2 » de Sylvstre Huet, journaliste à Libération

Par exemple, dans les commentaires d’internautes, j’ai relevé celui-ci :

« Votre article suggère que l’agenda caché derrière ce projet de loi est justement l’accroissement de ces frais d’inscription. Il serait utile d’argumenter cette position avec des éléments tangibles », il ne s’agit pas d’une hypothèse mais bien d’une certitude :

  • les recommandations de l’OCDE pour l’enseignement supérieur en 2009 sont explicite « de nouvelles mesures serait nécessaires pour favoriser le financement privé des universités, notamment en ayant davantage recours aux droits de scolarité, cette mesure se doublant de prêts étudiants remboursables en fonction du revenu ultérieur. » (source OCDE : http://www.oecd.org/dataoecd/4/2/42263534.pdf )
  • L’exposé des motifs du projet de loi lui même : "la dépense par étudiant est passée de 5 414 euros en 2001 à 5 268 euros en 2005, ce qui prouve la nécessité de prévoir des formes complémentaires de financement de l’enseignement supérieur." CQFD

Articles de la rubrique


Strict Standards: Only variables should be passed by reference in /var/www/sdb/b/2/geo.phile/tmp/cache/skel/html_55d70a70e7c2256d9659ac959ce0f4ef.php on line 77

Brèves

ACTA : signature de l’accord sur la privatisation des savoirs

vendredi 27 janvier 2012

Brevetabilité du vivant, attaque contre les médicaments génériques, censure d’Internet… Voilà ce que viennent de signer ce jeudi au Japon en toute discrétion les pays les plus riches, au profit exclusif de grands lobbys industriels, sous le nom d’Accord commercial anti-contrefaçon.