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ZAO

vendredi 19 septembre 2008

Bien que congolais - il est né vers 1955 près de Brazzaville - Casimir Zoba AKA Zao se distingue dans le panorama de la musique congolaise dominée par la soukouss et l’emploi du lingala, la langue parlée sur les deux rives du fleuve Congo. Un temps instituteur, il s’est fait très rapidement remarquer et reçoit plusieurs prix dont le prix Découverte de radio France Internationale en 1982.

Ancien Combattant a été son premier tube, où l’on découvre le talent du facétieux personnage. Zao use de la bouffonnerie pour chanter des sujets graves ou même tabou ; ses apparitions sont de véritables sketchs changeant en permanence d’apparence . Ici la chanson, sous un aspect de comique troupier colonial, s’affirme résolument antimilitariste.

Ce qui surprend c’est justement le décalage entre message universel dans sa portée - Zao cite les principaux conflits qui secouent le monde - et la coloration pittoresque issue de l’imagerie coloniale, que symbolise le fameux soldat « Y’a bon Banania ». L’image du tirailleur sénégalais apparaît durant la première guerre mondiale et sera popularisée avec l’Exposition coloniale de 1931 ; image ambiguë, certes soldat de l’Empire et combattant pour la France mais dont le sourire tout en dents blanches et la relation à la boisson chocolatée tendent à signifier qu’il continue à être un « grand enfant » qui ne peut prétendre à une entière citoyenneté.

C’est ce décalage même qui fait la force de cette chanson : le discours universel n’est plus l’apanage d’un monde occidental qui s’est donné pour mission de civiliser le monde. Zao retourne le discours mais également les conditions, souvent condescendantes, de son énonciation. Sans complaisance avec les conflits qui secouent sa région, et dont il a fait la dure expérience lors de la guerre civile du Congo en 1997, Zao met tous les conflits au même niveau comme il conduit tous les hommes et tous les êtres animés ou non à un même destin : cadavéré ! Loin de se cantonner à l’Afrique centrale à travers des clichés paresseux, le Coeur des ténèbres recouvre la terre entière. Le seul espoir réside dans la main tendue, l’empathie avec l’étranger que l’on cherche à saluer dans sa langue.

« Anciens combattant » est un des titres les plus connus et répandus dans toute l’Afrique noire.

Il semble à première vue se moquer des « anciens combattants », ces figures de la société africaine d’après les indépendances.
Mais à bien écouter, c’est aussi un pamphlet anti guerre, anti-militariste et anti-colonialiste. Qui insiste sur la diversité des populations concernées par le recrutement pour les guerres mondiale, et sur les drames personnels que ces réquisitions ont impliqués un peu partout sur le continent.

La guerre les a tués tous, du footballer au paysan.

Un article intéressant accompagné d’une vidéo de Zao en live en 2006 à Paris sur le site Gauz.afrikart

Voir aussi le blog de Tristan Guilloux dont une partie du texte ci dessus est tiré, et qui propose une video de Zao dans les années 80.
La qualité video et sonore n’est pas bonne, mais présente l’intérêt de montrer la mise en scène telle que Zao la faisait dans les années 80.


Documents joints

  100 DROMADAIRES - Ancien combattant (Zao)
Une reprise de la célèbre chanson de Zao
  YouTube - Zao- Ancien combattant Africa
Un très vieil enregistrement d’Ancien combattant, le son n’est pas bon, mais c’est délicieusement rétro
  Zao - Ancien combattant - Soukouss rétro   Zao - Soulard - soukouss rétro